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Suricate de gauche écosocialiste en vigilance républicaine. Vous reprendrez bien un peu de culture ?

Grossier personnage !

Posted on August 18 2013

Grossier personnage !

Ici et là, j’entends dire que Mélenchon ne propose rien, qu’il se contente de phrases à l’emporte-pièce voire d’insultes.

Je n'apprécie pas cette personnalisation des débats. Serait-elle du fait du co-président du Parti de Gauche et leader du Front de Gauche ? Je n'en ai cure. Sans idolâtrie aucune, le gars a un talent fou. Tribun populaire, orateur charismatique s’il en est, quand on assiste aux meetings, c’est évident. Je me souviens également d’un entretien en direct sur Mediapart duquel il était ressorti lessivé mais où il avait eu le temps, plus de trois heures, de développer nos propositions avec efficacité. C’est une plume également. Son blog, suivi par des milliers d’internautes, en atteste, papier après papier. Il réfléchit, il analyse, il propose. Et on se passerait d’un talent pareil ? Perso, si j’ai de bonnes chaussures, je ne passe pas aux tongs.

Quant au populisme supposé de Mélenchon, je pense que cela a été une erreur de sa part d’assumer ce terme. Maintenant, on le lui sert à toutes les sauces à peine ouvre-t-il la bouche. Etait-ce par provoc ou pour exister médiatiquement quand il fallait s’ouvrir les portes à coup d’épaule dans les médias, je ne sais. Ce qui est certain, c’est qu’il n’avait à cœur que l’intérêt populaire. Non, il n’est pas démagogue. Y’en a qui sont pédalo, lui il est pédagogue. Mais encore faut-il qu’on lui laisse le temps d’expliquer nos positions dans les entretiens.

Il serait donc vulgaire ? outrancier ? Il "fracasse(rait) le débat démocratique" ? Il serait "violent" ? Il voudrait "empêcher l'unité de la gauche" ? J’adore… Il se trouve que chacune de ses interventions est résumée à une petite phrase. Vous me direz, il n’a qu’à pas les prononcer ces phrases. Peut-être, mais ce que je retiens surtout c’est ceci : quoi qu'il dise, ce n'est résumé qu'à une formule sans qu’aucune de nos analyses de fond ne soit reprise et surtout pas nos propositions. Je me souviens lors du congrès du Parti de Gauche en mars dernier lorsqu'il avait déclaré à propos de Pierre Moscovici : « "Qu’a fait le Français dans la réunion ? Il s’est pris pour un petit intelligent qui a fait l’ENA... c’est un comportement de quelqu’un qui ne pense pas français, qui pense finance internationale". Et vrac ! ces mots rapportés dans une dépêche AFP, ont été immédiatement déformés par Aphatie et Quatremer en propos antisémites. On rêve debout, non ? Dernièrement, il a déclaré que Le Pen fille avait « contaminé Manuel Valls ». Euh… il est où le scandale ? Ce n’est pas vrai, peut-être ? Islamophobie, pro prisons, anti Roms, anti pauvres etc, etc, etc. Il n’est pas là le scandale ? Continuer de gouverner à ses côtés, elle n’est pas là la renonciation coupable ? Abandonner la taxation du capital, elle n'est pas là l'injure ? Pour affiner le propos, je cite mon camarade Alain Bousquet réagissant aux propos de Delapierre arrivés un peu avant ceux de Mélenchon : « Valls n'est pas à l'extrême droite du mouvement socialiste. Il n'en fait pas partie. Je n'ai aucun ennemi à Gauche. C'est pour cela que Valls doit être combattu l’âme légère... Et avec tous les socialistes pour de vrai. ». Oui, moi non plus, camarade, je ne confonds pas les marquis de Solférino avec les sincères militants du PS, même si certains répètent, sans bien voir leur erreur, le discours de leurs chefs.

Mais revenons-en à la vulgarité. La vulgarité crasse n’est-elle pas également du côté de ces journalistes qui se regardent poser leurs questions pour ne pas écouter la moindre réponse ? Je ne suis quand même pas la seule à constater cette punaise de technique qui consiste à couper toute réponse par une autre question ? Vous croyez vraiment que des problèmes qui appellent à des développements d’une technicité conséquente soient interrompus innocemment quand cela est systématique ? Allons, allons, un peu de sérieux !

C’est alors qu’on nous reproche de ne pas avoir de propositions. C’est tout bonnement faux. Le programme de l’Humain d’abord en est truffé. Mais non, on nous fait le coup des trois singes : pas entendu, pas vu, pas dit.

Car, là, la mauvaise foi est à son apogée quand on nous accuse d'absence de propositions quand nous avons des solutions. Elles sont radicales, au sens où elles prennent le problème à la racine, pas au sens du couteau entre les dents. Partager les richesses fait peur ? Mais celui qui gagne 360 000 euros par an, s’il donne ce qu’il gagne en plus aux impôts, il va mourir de faim ? Non, il peut même continuer de préparer ses vacances aux Seychelles. Sa langouste, il pourra toujours se la payer. Il pourra être propriétaire de son logement qu’il aura remboursé en deux coups de cuiller à pot. 30 000 euros par mois, ce n’est pas de la survie que je sache.

Une autre solution concrète est de taxer les flux boursiers et d’imposer les entreprises du CAC40, assistés fiscaux de l’Etat. Cela ne rapporterait « que » des dizaines de milliards. On aurait de quoi financer la sécu, les hôpitaux, l’assurance chômage, l’éducation, et , ô gros mots, la culture et l'écologie. Réinvestir dans le service public, il est où le problème ? Ah bien sûr, si le service public est performant, le privé ne peut plus tenter de nous fourguer ses assurances, ses écoles, ses complémentaires, ses prêts à taux d’usurier qui n’engraissent que des particuliers qui ne veulent rien partager une fois la laine tondue sur le dos des salariés. C’est éthiquement indéfendable ? Tant pis, on nous le vend. Un peu à vomir tout ça…

Et augmenter les salaires, c’est vulgaire ? Restaurer le pouvoir d'achat, c'est grossier ? Non ce qui est vulgaire, c’est de laisser sur le carreau des millions de gens dans un calcul cynique et inhumain. Elle est là, l’insulte, messieurs du gouvernement. Soit dit en passant le mot vulgaire vient de vulgus : le public, la foule, la multitude, la masse, le commun des hommes. L’intérêt pour le peuple serait-il vulgaire ? Les pires des gougnafiers de Solférino nous donneraient-ils des leçons de politesse, par hasard ? Ah non alors ! Ce qui est vulgaire, c’est de traiter les peuples comme de la populace, ce qui est vulgaire c’est de taire les intelligences, ce qui est vulgaire c'est de pointer du doigt les pauvres, ce qui est vulgaire c’est d'être dans un parti par vil carriérisme, ce qui est vulgaire c’est d’exploiter son prochain, ce qui est vulgaire c’est de mentir aux peuples, ce qui est vulgaire c'est de nous mépriser, ce qui est vulgaire, c’est de laisser crever l’autre.

Le suricate poli vous salue bien

Comment on this post

Christophe 08/21/2013 05:57

Tout est dit !!! Merci pour ce joli texte efficace !!!