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Suricate de gauche écosocialiste en vigilance républicaine. Vous reprendrez bien un peu de culture ?

Violence, non merci.

Posted on June 3 2014

Violence, non merci.

La violence délétère que nous font vivre les aspirants tyranneaux du FN misant, à raison, sur les libéraux calculateurs et objectivement/passivement complices; la violence que nous font vivre les donneurs de leçon ne se les appliquant pas à eux-mêmes; la violence que nous font vivre les utilitaristes quand on voudrait que nous ne soyons que des pions; la violence des chefs qui balaient tes propositions, parce que le bienfondé de ces dernières les renvoie à leur incompétence, propositions qu'ils masquent par un autoritarisme risible mais tragiquement efficace; la violence de la pression sociale genre "t"es au chômage ?" ou "tu fais quoi ?" essayant de savoir "combien tu gagnes"/ "combien tu pèses ?"; la violence des banques qui te font des agios et des pénalités impossibles à surmonter quand tu n'as rien; la violence de la pub qui te dit "achète, consomme et tu seras un homme" alors que tu n'as pas les sous pour (ça dirait "endette-toi ou fait du deal" que ce ne serait pas mieux) ; la violence des banques qui se gobergent quand des peuples entiers, comme les Grecs, crèvent de leurs exigences de remboursement à des taux d'usurier; la violence de voir au chômage tant de tes amis et de ta famille qui plongent dans la déprime ou pire; la violence de constater la violence sur les autres comme les Turcs place Taksin; la violence de te reprocher ton statut d'ex colonisé parce que tu n'es plus colonisé; la violence du mensonge des journaleux qui ne respectent pas leur mission d'information de la société en la désorientant comme en France façon Calvi/Zemmour et autres; la violence du "discours de Dakar" de Sarkozy, choyant avec délectation l'idéologie de la "droite populaire", insultant l'Afrique entière et les travailleurs au noir des Champs Elysées en particulier pendant que ça va faire la fête au Fouquet's; la violence des batailles perdues comme celle orchestrée par Solférino, en n'étant sciemment pas à gauche, par ses renonciations assumées s'appelant "réformes" ; la violence des abstentions que nous avons su prédire et mais pas empêcher; la violence faites aux femmes battues/violées/tuées partout dans le monde y compris en France; la violence contre les employés et l'atteinte à leur contrat ou à leur emploi; la violence d'un jeune à un moins jeune lui faisant comprendre qu'il était plus proche de la mort que lui-même; la violence de l'élu qui ne tient pas ses promesses; la violence du refoulé qui traite l'autre de "pédé"; la violence du conjoint qui reproche de ne pas avoir fait le repas; la violence du parent qui reproche à l'enfant d'être né et de n'être pas à la hauteur de ses attentes de frustré; la violence des regards parce que tu n'as pas les fringues codées qu'il faut dans le quartier où tu habites/où tu te rends; la violence du loufiat qui te regarde d'autant plus de haut qu'il prend sa revanche sur sa propre défaite, qui n'en n'est même pas une, ou interprétée de travers, alors que tu n'y es pour rien; la violence de la note reçue à l'école si basse que tu te demandes si tu "vaux" quoi que ce soit; la violence de se faire stigmatiser parce que t'es un pauvre, une femme, un homo, un étranger, un autre.



La douceur de faire des projets et d'en avoir le temps; la douceur de ne pas te poser la question des fins de mois; la douceur d'un smic à 1700 € minimum; la douceur d'un logement sans moisissures; la douceur de vivre dans un pays dans lequel tu participes à la richesse culturelle et démocratique en n'ayant pas seulement le devoir de payer tes impôts mais aussi le droit de vote; la douceur des vacances dans des lieux confortables après une année de labeur bien rémunérée; la douceur d'une administration publique qui te prend pour un administré a priori de bonne foi auquel il doit un service; la douceur de voir ton entourage ne pas se faire de la bile parce que tu as non pas un petit job de secours ou un R.S.A. mais un travail décemment rémunéré et reconnu; la douceur de vivre ta vie de senior en bonne santé; la douceur de savoir que tu vas t'arrêter de travailler à un âge décent; la douceur de savoir que tu peux assurer la vie et non la survie de tes enfants et des tiens, leur santé, leur éducation, leur toit, leur alimentation; la douceur de te savoir protégé par une police bienveillante et une justice abordable quelle que soit ta classe sociale; la douceur de te lever tard sans culpabiliser; la douceur d'aller vers l'autre sans qu'il se méfie de toi et puisse créer une solidarité; la douceur de faire pousser du blé, de traire le lait, de produire de l'huile et de voir l'homme en face te remercier de la qualité de ton travail plutôt que te demander d'accepter d'être au-dessous du misérable vu les prix qu'il te demande de pratiquer; la douceur d'un cours d'eau dans lequel tu te baignes sans risquer un cancer ; la douceur d'un monde sans pollueurs ni polluants, sans plastique ou sans poisson bourré de mercure; la douceur de construire ensemble sans avoir à te méfier d'une traîtrise programmée; la douceur d'une première classe pour tous sans manger le pain d'un autre; la douceur d'une solidarité organisée; la douceur de comprendre; la douceur de transmettre un service, une information, une aide, un savoir et de te sentir utile; la douceur des flux boursiers taxés qui financeraient la santé, la justice, la culture et l'éducation; la douceur de constater que tes actions fondées sur un souci de l'apport à l'autre sont considérées comme un mérite qui te fait grimper les échelons de la reconnaissance de tes pairs et que l'utilitariste fainéant à côté ne prenne aucun grade vu sa nocivité pour le bien commun; la douceur de ne pas vivre que pour résister et de protéger un autre que toi; la douceur de la légèreté.


"L'humain d'abord", pour la vie ici et maintenant, hic et nunc. Pas doux, pas violent, juste urgent.

ALB

Comment on this post

francoise 06/03/2014 23:02

la douceur de lire ce très beau texte et de t'en remercier...